05 gen 2011

PHOTOS DU MAROC: 1994/2010

Je présente ici, une série d'images, en noir et blanc, d'un Maroc personnel, inspiré, materique, silencieux et, probablement aussi, sans époque. Cette selection origine depuis des images de mon vaste archive photographique et ce site présente des travaux en noir et blanc realisés entre le 1994 et le 2010).

La totalité de ces images a étée realisée sur films négatifs en moyen format, avec une constante attention à la qualité. Toute photo que vous voyez ici a étée imprimée en chambre noire directement par l'auteur. 

Le résultats sont des images de documentation, d'archive, créatives ou de récherche personnelles avec une grande richesse de détail valorisant la vision, notamment dans le cas d'impréssion de ces images dans des grands formats. 

Fès, hiver 2010: "résidence d'artiste"

Dans l'occasion d'une invitation comme artiste en résidence de la part de l'Institut Français de Fès pendant l'hiver 2010, j'ai eu la possibilité de réaliser, de suite à la demande de la meme Institution, une personnelle lecture photographique de la ville -un reportage sur Fès-, dans une démarche qui se développe entre méthode et circonstance.

Trois semaines de résidence dans cette ville m'ont permis de réfléchir autour d'un égard sur ce lieu dans ses complexités. J'avais déjà des idées générales, d'autrefois appliquées et dont les résultats me donnaient des indications intéressantes, mais il y avait plusieurs possibilités auxquelles j'étais intéressé.
D'autre part j'avais carte blanche de la part de l'Institut et, notamment, de son d irecteur Jean Dedolin, déjà connaisseur de mon travail.
Pendant la définition de l'invitation on avait précisément parlé de produire un travail en noir et blanc ciblé sur la matière et sur la lumière, selon une techique traditionnelle et  classique, et en effet la plupart du travail a eu cette démarche technique et esthéhique. 
Il n' était pas un cas, car meme en époque de numérique, la technique photographique sur film et donc argentique, n'a jamais perdu le sens d'etre avec son propre esthetyque et, au contraire, se confirmant de plus en plus dans un domaine de travail d' haut niveau.
Encore, en travaillant dans cette direction, il faut savoir que chaque appareil photo, chaque objectif, chacun des différents formats de film, tous eux ont sa propre personnalité esthéhique et technique, et si on a l'expérience et la sensibilité pour le réconnaitre et la valoriser, on se retrouve avec des instruments comparables à des instruments musicaux dont il est plus compréhensible la "personnalité" appréciable.
Donc en bref, avant de "composer" mon travail de reportage j'ai bien considèré les spécificités, les potentiels et les limites aussi, d'une multiplicité d'appareils photographiques et de films  que j'utilise, avec des caractéristiques très différentes entre eux.
Il est très difficile de travailler en meme temps avec plusieurs appareils, car il est nécessaire une concentration spécifique en rapport à l'instrument: en faits il faut "voire" ou mieux pré-visualiser l'image avec des yeux qui regardent la situation avec les caractéristiques de l'appareil, du film, du résultat final. Voilà pourquoi pendant trois semaines la plupart du temp est passé dans beaucoup de réflexions sur le thème et dans une action photographique limitée et finalisé, une fois determinés les suject et les méthodes.
Dans le cas spécifique, mon suject était la ville, sa forme, sa structure, sa matière et sa lumière, donc il n'y avait pas d'images qui s'échappent, mais plutot j'allais vers "mes images" que j'avais pré-visualisés et déterminés presque une par une pendant des longs parcours quotidiens partout dans la ville.
Il faut dire que réaliser des images en noir et blanc est une abstraction forte de la réalité comme elle se présente et donc j'ai utilisé ici cette technique dans le but d'éliminer certaines éléments visuels qui, selon moi, n'étaient pas d'intéret en rapport à une observation possible des lieux. Toutefois, n'étant pas intéressé à extrémiser des choix esthétiques, j'ai observé que le langage de la couleur permettait de présenter ce lieu - la ville de Fès - avec une complémentarité utile à une plus intéressante complexité de proposition et lecture et donc j'ai utilisé en parallèle des techniques en couleurs sur film argentique et sur appareil numérique aussi.
Je présente ici deux des sujects qui m'ont intéressé, uniquement en noir et blanc.
L'un sont les remparts de la ville - donc des murs en taille monumentale- qui déterminent des lieux-référence urbaine et qui les délimitent aussi sans toutefois les renfermer; en fait il s'agit d'un systéme circulatoire et d'organes fonctionnels avec une physiologie crée à l'échelle de l'histoire et réadaptée au présent. 


J'ai réalisé cette série d'image dans le but de réproposer un monumentalité proportionné, épurée de tous les signes non nécessaires, et entre autres, la couleur, dans une sorte de "inversion" visuelle soutenable à travers une certaine photographie nocturne.

Le deuxième subjet est la ville ancienne avec ses labyrinthes sans fin de ruelles entrelacées et presque complexes comme les synapses d'un cerveau dont les lobes sont les quartiers avec leurs spécificités. Ces ruelles de la médina de Fès sont des parcours neutres qui appartiennent à un système social et urbanistique auquel on peut seulement passer à coté si on n'a pas le droit d'accès. La limite sont la taille des rues et l'imperméabilité des maisons: le status de la famille qui y habite étant révelée seulement par des signes mineurs à peine visibles sur les rues. La Medina est un lieu  et ce lieu nous permet (et nous oblige aussi) d'y etre à l'interieur, mais de ne pas le pénétrer. On est en meme temps dans le lieu et à sa surface car les organes vitales de cet organisme-médina sont à l'interieur de chaque mur qui délimite chaque ruelle.
On a la possibilité de parcourir ce système circulatoire vaste et complexes où il n'y a pas ni occasion ni raison d'y s'arreter mais seulement de le parcourir rapidement. 
Pour cette raison -cette rapidité de parcours- mais aussi pour la "verticalité" dominante du lieu, j'ai été adressé vers un choix de lecture très ciblée : un format de prise de vue fortement vertical et non coupé, une nécessité d'image directement et strictement composé dans le viseur, avec une vitesse d'action comparable à celle du reportage social, mais dans un but de reportage urbain-architecturale.

En fait j'ai décidé de réaliser des images dont le verticalité n'est pas une contrainte, mais la possibilité d'évader des limites physiques du lieu avec la possibilité de construire des images d'un projet entre plans et perspectives et de les valoriser avec un appareil photographique bien spécifique permettant ce format de prise de vue prés de la vision panoramique verticale qu'on a avec le mouvement haut-bas de la tete. Le fait d' homologuer le choix de cadrage de façon rigoureux et coherent nous permet d'observer directement chaque object-suject à l'intérieur de chaque photo parce que le cadre général reste perçu à la marge, déterminant des indications des lieux mais en laissant le role de préciser les détails de chaque choix à chaque image, individuellement porteuse d'un subjet spécifique. 



D'autre part ce format vertical avec une proportion de 1/3 presque, permettra en cas d'impression de présenter l'image avec un rapport visuel proche à la perspective réelle. 

Fès, hiver 2010: 1) MURS, REMPARTS, WALLS, MURA.











Fès, hiver 2010: 2) MEDINA.